vendredi 8 avril 2016

L'autoédition & la Révolution Numérique


Suite au Livre Paris 2016 et à des échanges que j'ai eus avec les lecteurs mais aussi avec les acteurs de l'autoédition je me propose ici de présenter quelques remarques comme continuation d'un article antérieur http://alainkolb.blogspot.fr/2016/01/l-uberisation-et-la-sante.html 

Les transformations introduites par l'autoédition sont multiformes et multidirectionnelles. Ils touchent à la fois les auteurs, les éditeurs et les lecteurs mais aussi notre relation à l'écrit.
Les auteurs, par la possibilité qu'ils ont à prendre eux-mêmes en charge l'édition de leurs ouvrages, sans passer par l'intermédiaire d'une maison d'édition, peuvent présenter au public des œuvres diverses, plus rapidement.

Cela lui donne l'occasion de lier un contact avec ses lecteurs directement, via les réseaux sociaux. L’œuvre numérique étant changeable à souhait, elle peut être rectifiée en cours de route pour ainsi dire. Une autre possibilité est donnée par la publication d'une série, publiée régulièrement, pouvant être présentée en version complète à la fin. Ici aussi, la réactivité et le contact permanent avec le lecteur sont privilégiés. Comme le démontre le site monBestSeller où j'ai publié récemment, une bonne visibilité est obtenue très rapidement : http://www.monbestseller.com/manuscrit/5357-anonymx  

Les éditeurs, malgré une idée contraire par trop répandue, sont eux-mêmes intéressés par cette émergence. Non seulement ils surveillent ce petit monde qui se forme autour du numérique, mais s'informent du succès certain des quelques auto-édités. En effet, le passage de l'autoédition vers l'édition classique est assez fréquent. Comme ces exemples : Alice Quinn publiée désormais chez Michel Lafon a commencé en autoédition sur la plateforme Amazon. Ou bien Esther J. Hervy qui prépare la sortie de son Blackstage aux Éditions Les Presses Littéraires.

Le  lecteur ah! le lecteur que chaque auteur fut d'abord. Il a un choix quasi-illimité, eu égard aux heures de loisir dont il dispose. Cette multiplicité impliquera à coup certain des nouvelles formes de choix : œuvres plus concises à des prix raisonnables mais aussi le développement d'un marché de niche, voire des écrits désignés uniquement à un usage restreint ami, famille. À remarquer aussi l'augmentation des lecteurs potentiels : par la connectivité totale d'une tablette, d'une liseuse, d'un portable les occasions de rencontre entre auteur et lecteur s'accroissent exponentiellement.

Les caractéristiques de la nouvelle économie étant l'ubiquité et l'instantanéité, l'autoédition relève de cette Révolution Numérique. Elle modifie notre relation avec l'écrit lui-même : en le rendant accessible on peut à la fois être lecteur et auteur. Ubérisation de l'écriture diront les mauvaises langues : mais n'a-t-ont pas été témoin des publications des plus surprenantes ? N'avons nous pas assisté à des lancements, avec grand renfort publicitaire, des livres pistonnés ? Laissons pour une fois le lecteur décider. Il connaît mieux ses goûts et ses préférences que quiconque. C'est cela aussi la nouvelle économie : le lecteur est roi.

PS : Deux ouvrages sur l'autoédition ont retenu mon attention : Elisabeth Sutton & Marie-Laure  Cahier "Publier son livre à l’ère du numérique" et Charlie Bregman "L'autoédition pourquoi comment pour qui ?"





vendredi 25 mars 2016

Aurélien au salon Livre Paris 2016

Le salon fut tout d'abord une occasion de rencontrer les lecteurs. Souhait largement récompensé aussi par les échanges autour de l'univers du livre avec des visiteurs.







Ensuite le challenge : faire une bonne dédicace c'est plus difficile qu’initialement imaginé. Il faut trouver le mot qui marquera, la phrase qui plaira en fonction de son interlocuteur. Une expérience enrichissante en soi. Je n'oublierais jamais aucun de ceux pour qui j'ai dédicacé et que je remercie encore.






















J'ai découvert aussi la communauté des indés, des auto-édités. Des auteurs courageux, sortes de robins des bois de l'édition. Oui, parfois il vont jusqu'à offrir gratuitement leurs œuvres. Sur monBestseller.com notamment. Une communauté foisonnante de passionnés qui participe, sans le savoir parfois, à la Révolution numérique en marche.

http://www.monbestseller.com/


Et aussi les gens d'Amazon-les amazoniens-qui n'avaient de cesse d'être partout et d'être disponible tout le temps. Le concept de pitch-dating c'est hyper cool : présenter son œuvre devant un jury de trois en quelques minutes.




Au-delà de toute cette aventure des interrogations. À l'heure où les médias traditionnels s'emparent du sujet pourquoi l’auto-édité est autant ignoré, sinon vilipendé ? Certains sont déjà publiés avec des maisons d'édition. Pourquoi le changement doit être présenté comme un danger ? Pourquoi ne pas laisser le choix à nous citoyens, clients, lecteurs ? Pour moi le choix est fait : l'autoédition c'est dur mais c'est cool :



Merci à l'équipe monBestSeller Isabelle, Elisabeth, Christophe et Dominique, aux amazoniens sous l'impulsion de l'omniprésent Eric, aux nombreux auteurs parmi lesquelles Chris Simon, Alice Quinn, Esther Hervy, Charlie Bregman, Olivier Sourisse, Cédric Charles Antoine, Folco Chevallier... et à toi cher lecteur qui a fait du salon une réussite.

                                                                                                                                               Aurélien


lundi 29 février 2016

Vacances

AnonymX extrait :  

"Paul avait besoin de quelques jours de congé. Il voulait visiter l’Islande et se baigner dans le Bláa Lónið, le lac bleu à l'eau thermale, proche de Reykjavik. Mais ce n'était pas le moment d'un voyage trop lointain, car il ne pourrait se déconnecter qu'un ou deux jours maximum. Il opta pour une escapade au bord de l'océan, en France. Il ne voulait pas un endroit plein de touristes, il ne désirait même pas s'allonger sur la plage, il voulait juste sentir l'air iodé de l'océan. Voir de l'espace. Seul ou encore mieux en couple. Faire du bateau. C'est ça, il allait louer un yacht, et passer du bon temps avec Diane, qu'il négligeait depuis quelque temps.
   Il l'eut immédiatement. Elle travaillait dans son atelier.
   - Salut chérie, comment se passe ta création ?
   - Je suis en train de finir une toile. C'est une ancienne commande que je repoussais constamment par manque d'inspiration. Mais, attends une minute, je devrais t'en vouloir, non ? Pourquoi tu ne m'as pas appelée dernièrement ? Je t'avais laissé un message.
   Il avait complètement oublié. Diane lui avait demandé de participer à un vernissage au Centre Pompidou. Il détestait cet endroit. Le bâtiment aux tuyaux n'était ni usine, ni œuvre d'art et s'insérait mal dans le paysage. Il se demanda rapidement si c'était la fatigue ou l'aversion qui avait le plus contribué à son oubli.
   - Excuse-moi Diane, je suis très occupé en ce moment. En plus, j'ai perdu un vrai ami. Plus qu'un ami.Il s'agit de Jack Mercier. Il est mort !
   - Je suis désolée.
   - Peut-être que ce décès est lié à l'affaire que je traite en ce moment. Je suis à bout de souffle. Je ne peux plus me concentrer et j'ai besoin de prendre un peu... le large. Veux-tu faire du bateau ?
   - Demain mon client prendra le tableau et...
   - Je veux dire tout de suite. Je pars dans une heure. Tu peux laisser le tableau à quelqu'un.
   Paul savait que Diane aimait les surprises et que parfois, il fallait la mettre devant le fait accompli.
   - Je vais le finir dans une heure et le laisser au concierge. Rendez-vous dans deux heures, le temps que je me prépare.
   - Parfait.
   Il se dit qu'une heure supplémentaire lui laisserait l'occasion de lui chercher un cadeau.
   Il demanda à Pronto de lui dénicher un yacht.
   - Dans un petit port, proche de l'aéroport. Je veux passer le moins de temps sur terre. J'ai besoin de large, expliqua-t-il.
   - À La Rochelle. La piste est très proche du port de plaisance. En plus, il fera très beau, ajouta Pronto en vérifiant en même temps la météo.
   - Je veux un yacht de vingt-cinq mètres de long dans le port le plus proche.
   Pronto fit le tri en quelques secondes et il lui projeta sur l'écran géant du mur du salon plusieurs bateaux disponibles. Il remarqua un beau modèle de couleur bordeaux contrastant magnifiquement sur les vagues couleur turquoise. Il avait des intérieurs en cuir, cuivre et bois.
   - Je veux celui-ci.
   Pronto envoya une demande à la compagnie la plus réputée dans le domaine de l'économie collaborative des voyages. Elle mettait en relation des propriétaires de yachts et des touristes voulant emprunter leurs embarcations. La transaction était basées sur la confiance, hôte et invité ne se connaissant pas. La profession collaborative avaient énormément bénéficié de l'identification par ADN. Un saut qualitatif sans précédent, les fraudes étant passées à zéro, les entreprises collaboratives pouvaient assurer une intermédiation sans risque. Mais l'économie de partage, telle qu’elle était connue, offrait aussi d'autres bénéfices. Une famille du Périgord, s'assurant par ce biais, depuis deux générations, un revenu constant, réussissait à restaurer un château qui, autrement, serait tombé en ruine, faute de financement.
   Pronto effectua instamment le règlement pour la location du yacht. Il réserva deux places pour le vol Paris-La Rochelle et sortit la valise drone de voyage de courte durée, préparée à l'avance.
   Ensuite, il lança une recherche pour le cadeau de Diane. Il voulait quelque chose de vraiment spécial. Il finit par dénicher ce qu'il cherchait. Un drone express, aussi petit qu'un paquet de cigarettes, le livra juste avant le départ.
   Diane arriva en retard comme à son habitude et ils eurent juste le temps de sauter dans une voiture pour arriver à temps à l'aéroport. Le vol dura une heure et le port se trouvait en effet à dix minutes de l'aéroport.
En s'approchant du port de la Rochelle, Paul remarqua de loin la silhouette du bateau parmi tant d'autres locations et demanda à Diane lequel elle préférait. Il fut heureux quand elle désigna celui qu'il avait lui-même réservé.
   - Marée haute, on prend le large, larguez les amarres, annonça Paul après avoir il pris possession du bateau.
   Tout en mettant le moteur en marche, il sortit le petit paquet qu'il avait mis dans sa poche. Il savait que Diane ne se formalisait guère.
   - Tiens, c'est pour toi.
   Diane ouvrit la boîte émue. Il avait vu juste, la bague, d'un design unique, d’un grand joaillier, lui plaisait énormément. Elle  l’embrassa et Paul eut du mal à garder son cap. De la baie rentraient et sortaient doucement des yachts. Au coucher du soleil, ils étaient loin dans un océan bleu aux reflets d'or.
   La soirée fut magnifique, ils commandèrent des fruits de mer et des fruits exotiques livrés par drone des restaurants de la côte. Ils firent l'amour, écoutèrent de la musique dans la fraîcheur de l'océan et devant le ciel rempli d'étoiles. Ils se couchèrent tard, ivres de sensations nouvelles.
   Le matin après un petit-déjeuner au lit, Paul s'installa devant l'écran du yacht. Il ne pouvait pas résister, malgré la promesse qu'il s'était faite d'ignorer ses messages. Il ouvrit l'ordinateur du bord. Il y avait plusieurs mails qui pouvaient attendre et qui ne l'intéressaient pas véritablement. Il chargea Pronto, qui était toujours présent prés de lui, par transmission satellitaire, de répondre à la plupart des messages. Il y avait pourtant un court message de la part de Liz, qu'il ne pouvait pas ignorer :
   « Salut Paul. Où es-tu ? Je viens d'avoir les résultats de l'autopsie. On n'a trouvé rien d'anormal dans son corps. Aucune substance toxique ou poison. En ce qui concerne le médicament prescrit, on a en effet trouvé le Dinox, un vasoconstricteur et l'érythropoïétine, un produit dopant qui augmente la résistance physique du sang, en l'épaississant. J'espère que cela t'aidera. Je t'envoie en attaché collé le rapport complet. Tiens-moi au courant. Demain a lieu l'enterrement à Canarsie Cemetery mais je sais que tu ne peux pas venir aux États-Unis. À plus. »
   Bien que désireux de rester encore un peu au large, Paul sut qu'il n'était plus véritablement détendu. Diane perçut un changement dans le regard et l'attitude de Paul. Il avait le visage blême.
   - Notre escapade est-elle finie, devina-t-elle.
   - Je le crains. C'est très important. J'ai la preuve... "

vendredi 26 février 2016

Splendeurs des réseaux sociaux... et de la biotechnologie

   "En voyant Lorena Santos dans une vidéo postée sur Facebook il y a quelques mois, Jaquelin Sanchez a immédiatement pensé qu'il s'agissait de sa sœur perdue de vue depuis l'enfance.

   Deux sœurs, adoptées par des familles différentes après avoir perdu leurs parents dans l'avalanche de boue d'Armero qui a fait quelque 25.000 morts en Colombie il y a trente ans, ont été réunies, hier, grâce à des analyses ADN."                                                                                                                                                                                                                       

  Ces phrases dans un  langage journalistique traduisent en fait les profondes transformations de nos sociétés sous l'influence de la science pure et la science sociale. La biotechnologie et la théorie des réseaux dans ce cas. En effet, on assiste à une convergence de toutes les activités humaines grâce à ces réseaux sociaux. Ils ont la caractéristique d'êtres simples, mais d'engendrer des conséquences complexes. En cela, ils ressemblent aux langues qui, à partir d'un nombre réduit de lettres, créent des mots qui forment une infinité combinaisons.

   Et pour notre propos l'hélice ADN qui, à partir d'un nombre limité de codes, forment l’unicité de chaque milliard d'êtres vivants de la terre. D'abord reconnaissance humaine, chargée d'émotion qui peut faillir, ensuite confirmation scientifique infaillible de la proximité biologique de deux sœurs..

   Il ne s'agit pas ici d'établir une prééminence, mais les réseaux ont apporté la dimension supplémentaire dans la propagation des Sciences. Nous sommes mis en contact avec nos semblables d'une manière inouï dans l'histoire humaine. Il semble que des nouvelles Lumières peuvent baigner la Planète entière. Pas si certain : les forces les plus obscures trouvent leur cours adapté à leur abîme. Trouver une explication simple, rationaliser toute idéologie pernicieuse voici aussi le pendant de cette omniprésence.

   Mais ne font pas, toutes, justement partie de notre humanité ? Ne sont-ils pas des tendances de nos natures complexes et souvent paradoxales ?  Certes, les réseaux exposent de manière irréversible, 24/24  tout ce que l'on dit. Mais ils nous donnent aussi des solutions. Et des espoirs. Et plus encore, ils nous présentent à ce juge impartial : l'opinion publique, qui est désormais mondiale. 

 


 

 

mercredi 24 février 2016

Pronto et le plat nordique : le Lutfisk

 Extrait AnonymX


   Il appela Diane, qui était encore plus belle apprêtée pour l’événement et lui confirma sa présence. La soirée spéciale crowd-music, commençait dans moins d'une heure. Il avait juste le temps de se préparer. Pronto avait ouvert le robinet pour sa douche à la température idéale. Sous la douche, Paul demanda une autre musique. Il rappela à Pronto de vérifier le contenu de son frigo et de commander son épicerie hebdomadaire.
   - Ajoute quelque chose de nouveau, je ne sais pas, quelque épicerie fine, suggéra-t-il à Pronto. C'est pour une soirée à deux.
   - Produit à base de lait, de viande, de poissons, de légumes ?
Pronto commença à chercher dans Wikipédia.
   - Du poisson... oui. Mais suggère-moi un plat nouveau... exotique.
   - Le seul plat que tu n'as jamais goûté est le lutfisk suédois un poisson blanc délicieux et le Hákarl du requin putride et séché préparé en Islande.
   - Le Lutfisk c'est quoi, demanda Paul.
   - C'est de la morue séchée et ensuite macérée. La préparation se déroule en plusieurs étapes et nécessite près de deux semaines de soin au total. Un must suédois.
   - Commande du lutfisk pour une soirée à deux, avec du vin blanc qui va avec. Champagne en apéritif. Comme dessert, va pour une omelette norvégienne.

   Paul se réveilla avec un agréable souvenir de la soirée. Le lutfisk était en effet un plat délicieux. L’omelette norvégienne avait particulièrement impressionné Diane avec laquelle il avait passé la soirée. Elle était partie en pleine nuit, comme elle le faisait toujours. Au début, cela lui parut bizarre, il craignit qu'elle ne menât une vie double, mais tel n'était pas le cas. « Je veux obtenir la meilleure note personnelle de vie et je fais du sport après chaque sortie » lui déclara-t-elle un peu gênée. Cela l'avait un peu surpris, car elle avait un caractère ouvert et spontané. Elle était toujours enjouée au lit et Paul ne put que se féliciter de la chance qu'il avait de l'avoir rencontrée.
   Il lui envoya un hologramme, la remerciant pour la belle soirée passée ensemble. Il avait constaté qu'elle aimait particulièrement un mot après chaque rencontre. D'ailleurs, il sentait lui-même le besoin de lui écrire ainsi.

   Bien qu'étant samedi, il se mit tout de suite au travail. Décidément, cette affaire Vince lui était restée dans la tête. Il ouvrit son mail et trouva les détails biographiques que le couple Vince lui avait envoyés. Tout d'abord sur Piotr Rogozine. Né sous le régime de Poutine, qui s'était autoproclamé président perpétuel des Russes à partir de 2020, il avait mené une vie difficile dans une banlieue moscovite. Après quelques études en informatique et un périple à travers l'Europe, il avait émigré au Nouveau Monde. On ne connaissait rien de ses occupations depuis son arrivée. « A chaque interrogation, il répond qu'il a commencé comme tout immigrant » avait annoté Elsa. Pas grand-chose en effet, se dit Paul. Sa photo montrait un type mystérieux, la quarantaine, la peau pâle et une petite bouche bien dessinée qui contrastait curieusement avec son regard triste.
   Il lança une recherche sur Internet. Il tapa Piotr Rogozin et appuya sur entrée. Le mariage avec la veuve Joane Miller était en première position de recherche, ce qui prouvait que beaucoup de sites avaient couvert l’événement.
   Il était vrai que la plus grande prime jamais versée par les assureurs était particulièrement élevée. Deux cents millions de dollars. Paul conclut « Notre monde est en train de marcher sur la tête. Notre société est trop dépendante des assurances. »

lundi 22 février 2016

Évolution

Évolution

    Imagine que tu as presque fait le tour du monde en solitaire. Bientôt, tu arrives à Sydney ton port d'attache. Tu es fier et tu éprouves le bonheur sous la forme de son attente. L'anticipation qui est parfois plus forte que le bonheur lui-même. Une tempête soudaine, comme seul le Pacifique est capable, détruit partiellement ton navire. Ton GPS est avarié. Tu es projeté contre la paroi et perds connaissance. Quand tu reprends tes esprits, tu réalises ne pas avoir lancé de SOS. Tu regardes ta montre qui est cassée. Ton portable est introuvable. Balayé par une vague te dis-tu.
    Le gouvernail brisé, ton bateau flotte à la dérive. Tu essaies de réparer ton bateau. Il ne prend pas l'eau, c'est la seule bonne nouvelle. Peu-à-peu tu reconnais qu'on ne saura te trouver sans le signal indiquant ta présence. Une semaine passe, puis deux. Tu envisages l'idée de mourir seul au milieu de l'océan. Presque inconcevable de nos jours, te dis-tu. Tu rejettes cette possibilité avec toute la force de ta raison. L'instinct, lui, déverse quantité d'hormones dans ton flux sanguin. Tu es stressé. Tu réalises que tu es en mode de survie quand une lucidité presque irréelle te saisit. Tu rationalises tes aliments. Il faut que je vive le plus longtemps possible, te répètes-tu. Tu pêches. Tu improvises un collecteur d'eau de pluie. L'eau, c'est la vie, te dis-tu en finissant. Ainsi, l'espoir, meilleur ami et grand illusionniste, persiste au milieu de ta poitrine, sur ce bateau, au milieu de cet océan planète. Pourtant, aucun avion, aucun navire pendant déjà un mois.
Un beau matin, tu aperçois quelque chose. D'abord, une irrégularité à la ligne de l'horizon ensuite une tache plus sombre. C'est une île. Tu trouves le pistolet de détresse et tu tires incessamment en l'air si bien que tu finisses toute la munition. Pourtant personne en vue. Tu es en train de t’éloigner de l'île. Tu embarques à la va-vite sur une planche flottante quelques affaires et tu te mets à nager.
    Tu arrives exténué sur cette île inconnue qui deviendra ta demeure. Mais elle est inhabitée. Tu la découvres mois après mois, année après année. Elle est généreuse, il y a assez de nourriture. Tu as même réussi à faire pousser du blé car tu as récupéré sans réfléchir la couronne d'épi qui ornait ta cabine. C'était un cadeau de la part de ta copine ukrainienne où ce céréale est symbole d'abondance. Maintenant, tu fais du pain.
    Chaque soir devant le ciel étoilée, tu remarques le passage fugace d'un satellite. Il passe toujours à la même heure. Crée par l'être humain. Fiable, efficace, ponctuel.
Et là, tu te mets à réfléchir : afin de pouvoir communiquer avec toute la planète un seul portable suffirait. Un portable que tu trouves dans toute boutique obscure. Supposons que tu connaisses son fonctionnement par cœur. Pour en fabriquer un seul, tu as besoin de combien de siècles ? Car non seulement, il te faut récréer le plastique, extraire les métaux, obtenir le quartz mai il tu dois construire une centrale électrique afin de le charger. Et pour cela, tu ajoutes encore quelques siècles. Combien de savoir incorporé dans ces objets qui nous entourent ? Combien de millénaires d'évolution condensés dans le creux de nos mains ?
    Tu penses à ta ville. La civilisation te manque. Tu penses à ta maison, aux êtres chers que tu as connus. Tu verses des larmes.

vendredi 12 février 2016

L'Amour

AnonymX ( extrait )

   - Enfin, dit Diane en entrant dans l'appartement de Paul. Je pensais ne plus te revoir de sitôt. Tu m'as énormément manqué. Elle enroula ses bras autour de son cou et l'embrassa langoureusement. Diane avait mis un rouge à lèvres qui rendait fou Paul. Son goût indescriptible avait été en réalité conçu tout spécialement pour lui. Elle dégageait une odeur de parfum classique, mais aussi d’effluves plus subtils, car imperceptibles : des phéromones ; le subconscient masculin en était troublé.
   - Toi aussi, tu m'as beaucoup manqué. Paul avait la voix tremblante. Il sentait son cœur battre la chamade, comme sous l’effet d’un premier baiser. D’un naturel plutôt réservé, Diane l'avait surpris ; il ne s’attendait pas à de tels préliminaires. Il voulut l’entraîner dans la chambre à coucher.
   - Ne sois pas impatient, lui dit-elle. Elle s'assit sur la banquette en croissant ses jambes de manière à en faire admirer le galbe parfait. Elle souhaita un verre de Chardonnay, qu'elle dégusta longuement.
   - Je voudrais dessiner ton portrait, lui dit-elle. Son regard était intense, comme si cette perspective l'excitait terriblement.
   -Avec plaisir, approuva Paul.
   - Je veux, plus exactement, faire un nu de toi.
   "Le savait-elle, se demanda Paul. Être nu devant une femme habillée, un négatif du déjeuner sur l'herbe de Monet, était l'un de ses fantasmes."
   - Si tu veux.
   - Je finis mon verre et je prépare ma toile.
 Ce n’est qu'alors qu’il remarqua qu'elle avait apporté son matériel d'artiste.
   - Déshabille-toi, demanda-t-elle.
   Il s’exécuta. Il ôta un par un sa chemise, son pantalon et son slip. Entre-temps, elle avait fini son verre et le regardait avec satisfaction.
   - Où veux-tu que je me mette ?
   Diane le prit doucement par le bras et l'installa sur le tapis rouge de soie épaisse. Ses cheveux effleurèrent son épaule. En s’allongeant, soumis aux requêtes de Diane, il eut un frisson de plaisir.
   Elle s'installa devant son chevalet et commença son esquisse. Elle était belle ainsi, concentrée sur sa tâche. Il faillit à plusieurs reprises se redresser et l'emmener jusqu’au lit, mais chaque fois, intuitive, elle perçait son désir et l’intimait de ne pas bouger. Au bout d'une demi-heure, elle s’arrêta un instant, et, faisant semblant d'ignorer son regard, souleva sa minijupe pour retirer sa petite culotte. Elle le vit jeter furtivement un œil vers son sexe, parfaitement épilé. Elle remarqua son excitation et s'approcha de lui.
   Elle prit les choses en main, le caressa longuement, avant de s’installer à califourchon sur lui. Elle fit onduler ses hanches de manière très sensuelle, parfaitement synchronisée avec lui. Ils s’aimèrent ainsi, avides de goûter plusieurs positions, passant d’une pièce à l’autre de la maison. Ils finirent par s’échouer dans le grand lit de la chambre à coucher, où ils jouirent ensemble intensément. Ils s’allongèrent finalement, ivres l’un de l’autre.
   - C'était magnifique.
   - Oui, et ça l'est encore. Je rêve de t’avoir à mes côtés plus souvent.
   Paul comprit que Diane tenait à lui autrement qu’en simple ami. Cela tombait bien, car il pensait dernièrement de plus en plus souvent à elle.
   - Je peux dormir chez toi ?
   C'était la deuxième fois qu'elle ne rentrait pas chez elle après avoir fait l'amour.
   - Tu es toujours ici chez toi, aussi longtemps que tu le voudras.
   C'était la première fois qu'il disait une telle chose à une femme.

lundi 8 février 2016

Le spéculateur radié

Extrait AnonymX :

  Il s'ensuivit une conversation animée sur la finance et sur les opérations douteuses auxquelles certains opérateurs, peu scrupuleux, s'étaient adonné dans le passé.
   Il y avait l'exemple de ce spéculateur sur le blé, dont les méthodes particulièrement vicieuses avaient déstabilisé l'économie d'un pays pauvre. En achetant et vendant à découvert, après avoir manipulé les données sur les quantités réelles, il avait amassé une fortune. Des pénuries alimentaires furent suivies d’une famine, ayant décimé des villages entiers. Le spéculateur fut la victime d'une attaque informatique dont les anciens membres AnonymX parlaient à mots couverts.
   Un beau matin, ce spéculateur avait constaté qu'il n'avait plus accès à ses comptes et le temps de prévenir sa banque, qui elle-même ne le reconnaissait plus, son compte courant était vide. La famine fut stoppée grâce à une aide alimentaire d'urgence, financée par ces sommes. Par la suite, on approvisionna les  comptes du pays en question, en virant la totalité de la somme restante, en plusieurs versements.
   Un des anciens membres demanda : « Si vous trouvez un autre spéculateur, vous me le dites. »
   « Haha ! »
   Paul conclut : « C'est tout ? »
   « Je ne sais pas si cela peut intéresser, mais j'ai intercepté une conversation entre Jack Mercier et un certain George. Ce dernier exige de ne pas effectuer d'interrogatoire chimique sans son autorisation. Il avait invoqué une loi précisant que le sérum serait utilisé uniquement en dernière instance. Jack s'y est opposé dans un message sans ambiguïté. C'est tout ce que j'ai pu obtenir. »
   C'était Janina qui, en dernier, avait apporté cette information. Paul avait remarqué qu'elle était coutumière de ce procédé, uniquement quand elle avait quelque chose d'important à révéler. Soit elle balançait tout à la fin, soit elle se contentait d'écouter les autres.
   Elle continua :
   « Nous avons longuement cherché à savoir si l'on pouvait, en premier lieu, programmer un moniteur pour tuer. Mais le moniteur central était quasi parfait ; impossible pour le meilleur black hacker de le programmer ainsi. Des mots-clés, des lignes entières de code, reproduisant le code moral de non-agression, ne le permettent pas. De plus, toute intrusion serait détectée par leur système de triple, peut-être quadruple, contrôle de sécurité. »
   Quelqu'un plaisanta : « Il n'existe pas de système parfait, il n'y a que des hackers incompétents. »
   « Aucune faille donc au niveau du moniteur. ...
...
   « Incroyable. »
   « Le crime parfait. »
...  
   Un frisson d'effroi traversa les membres d'AnonymX.
...
 

vendredi 5 février 2016

La Lune, la baisse des accidents sur la route et la réforme de l'orthographe

Hélium-3. Joli nom, non ? J'ai appris récemment l'existence de cette matière. Malgré son étymologie solaire, il se trouve en abondance sur la Lune. Il est vrai qu'il est envoyé par le célèbre astre. À nous terriens aussi. La Terre est constamment bombardée par des particules d'Hélium-3 mais l’atmosphère les bloquent. Voici un paradoxe : une substance solaire qu'on trouve en abondance sur la Lune qui peut s'avérer crucial pour la Terre. Car la quantité sur la Lune est suffisante pour assurer notre énergie pendant quelque mille ans. Comme les quantités nécessaires sont relativement petites le transport est faisable. Mais il faut quand même aller l'extraire de la Lune. Ce qui arrivera vers 2020.

On s'approche encore un peu de la voiture sans conducteur d' AnonymX. Elle sera achetée avec une pile qui assurera son autonomie pendant toute sa durée de vie. On est presque là : la voiture Google sans conducteur a déjà roulé 1 000 000 miles ( 1 600 000 kilomètres ). C'est l'équivalent de 75 ans de route par un conducteur moyen. Et les accidents pendant cette longue pérégrination ? Quatorze accidents mineurs et aucun par sa faute. La promesse zéro mort sur les routes avec des tels véhicules est tenable. D'ailleurs pour une seule vie sauvée l'argument moral tiendrait la route, pour ainsi dire.

S'approche-t-on de la société sécuritaire à zéro accident AnonymX ?  Certainement, on surveille avec appréhension les excès décrits dans ce cyber-polar. Le changement n'est jamais brusque, seulement, nous ne lui accordons pas assez d'importance au début. AnonymX se veut de prêter attention à ces petits signes en présentant l'impact de ces nouvelles technologies sur la société.

Et l'orthographe dans tout cela ? La réforme étant initiée la même année quand ces changements deviendrons publiquement débattus il y a corrélation. Mais comme corrélation ne signifie causalité : l'orthographe n'a rien à voir avec la Lune. Où bien si : l' Elium-3 n'existe pas sur la Lune.

jeudi 28 janvier 2016

Ubérisation, Santé et Big Data

L' ubérisation et la santé

   Un article du célèbre magazine Wired publie un article sur un algorithme de la santé. AnonymX en avait parlé.
Les docteurs et les infirmières recueillent des données sur l'état du malade à une heure exacte chaque jour. La prise de décision médicale s'effectue ensuite en fonction de ces données.
   Mais comment faire si ces données sont insuffisantes ? Et comment un médecin de famille procède avec son patient en bonne santé ? Il le voit une fois par année, pendant une heure, et il note son état. Autrement dit pendant 8 759 heures de l'année, il ne l'écoute pas.
   C'est à partir de ce constat que Sentrian, une start-up Californienne, a mis au point un système de collecte en continu de données de santé par des capteurs biologiques. Celles-ci seront ensuite traitées par un algorithme afin de détecter à l'avance la possibilité d'apparition d'une affection. De plus, cette masse de données indiquera des signes précurseurs de la crise cardiaque, de l'insuffisance respiratoire pur les patients atteints. Il est su que ces signes, infimes au début, apparaissent des jours avant l'expression de la maladie ou de la crise. Par exemple même des mesures simples comme la durée du sommeil, le rythme cardiaque, la température du corps peuvent annoncer une crise.
   L'algorithme ne se contentera pas d'enregistrer. Il a été conçu afin d'apprendre. Le cerveau d'un docteur ne pouvant se souvenir de plus de 30 patients, la mémoire artificielle, elle, pourrait traiter 300 000. Mais il y a encore plus. Il est estimé qu'en 1950 le savoir médical doublait tous les 50 ans, en 2010 tous les 3 ans et demi. En 2020 il doublera tous les 73 jours.
   Prenant Watson, qui avait gagné Jeopardy, face aux humains et l'adaptant à la santé ils le mirent à étudier. Ainsi il assimila 204 ouvrages de spécialité en oncologie, 24 millions des données biomédicales, des milliers des cas des malades, 14 700 heures de formation et 70 000 articles scientifiques. on lui demanda ensuite de détecter les protéines susceptibles d’arrêter la tumeur. L'être humain avait détecté 28 en 30 ans... Watson a identifié 6 en un mois.
   Ainsi Watson, à l'instar du sympathique Pronto, assistera le docteur afin d'établir un diagnostic fiable. Il pourra, comme dans le début d'épidémie de grippe dans AnonymX, comparer ces Big Data avec d'autres cas dans le monde présent et passé. Les possibilités d'une masse de donnée quasi-illimités nous amèneront encore plus vers l'issue, positive ou négative, décrite dans le cyber-polar. Mais cette histoire-là c'est nous tous qui l'écrirons.

jeudi 21 janvier 2016

    Les accidents cardiovasculaires aussi, avaient été réduits théoriquement à zéro. Par une surveillance constante du moniteur de vie, les facteurs à risque étaient détectés longtemps à l'avance et éliminés. Le nettoyage des artères par des robots à nanoparticules accomplissait des miracles. La stimulation cérébrale se faisait par des nanoparticules neuronales et gardait le cerveau en pleine forme. Généralement, les humains mourraient brusquement à des âges avancés en pleine santé et sans souffrance.

   Paul se connecta et commença une longue et pénible collecte d'informations sur les sites des mairies américaines. Cette fois-ci, il voulait un échantillon représentatif. Pour cela il avait besoin de 374 villes choisies au hasard. Avec la puissance de calcul de son ordinateur, un Optiplex Intel 15800 B, cela devrait lui prendre quelques heures. Il commença par choisir les villes au hasard, par le biais de Google Earth. Il fallait ensuite lancer la recherche ville par ville et enregistrer la liste nécrologique. De temps en temps, il sollicitait l’aide de Pronto et lui dictait les étapes de recherches.
    - Va sur le site de Lafayetteville. Trouve la rubrique « vous et votre ville ». Ensuite va aux avis de décès. Filtre et mémorise uniquement les causes de la mort « les accidents. » « Enregistre-les dans le dossier Miller. »
    Le travail était pénible, mais c'était la seule façon d'obtenir ce genre de donnée. Heureusement que les assureurs n'ont pas pensé à bloquer l'information. Ils n'avaient pas pu le faire car si tel avait été le cas, le public se serait rendu compte qu'il y avait peut-être un problème.
    À midi, au bout de quelques heures, il avait fini. Les yeux le piquaient et il avait faim. Il prit un déjeuner léger, il avala quelques gélules spéciales cerveau et se remit à la tâche. Une fois les données rentrées dans son ordinateur, il s'agissait de les confronter à la réalité. Tâche très difficile pour le cerveau, qui naturellement est conçu pour traiter les stimuli de l’environnement immédiat. Il introduit les données dans un logiciel de calcul. Quelques secondes plus tard, les résultats apparurent. Il jubila : son intuition de la veille s'avéra juste. Il y avait une grande différence, entre les accidents enregistrés dans les mairies et ceux enregistrés comme tels dans les hôpitaux. Les compagnies d'assurances basaient toute leur promotion sur des chiffres incomplets ; il était impossible qu'elles ne se doutassent de rien.
Il avait besoin de parler à Jack :
    - Hello my old friend.
    - Hello young man. Du nouveau ?
    - Oh que oui. J'ai découvert quelque chose d'énorme. Il marqua une longue pause, avant de se lancer dans une explication exhaustive. Au bout d'un certain temps, le souffle lui manqua.
    - Take it easy boy. Take it easy. Laisse-moi au moins une minute pour réfléchir.
Jack analysa rapidement les données principales et formula dans sa tête une synthèse.
    - Potentiellement ta découverte est tout simplement... à couper le souffle, reprit-il. Et encore, tu ne saisis pas l'importance de ce que tu as, apparemment, trouvé, lui sourit Jack.    
   Car tu ne peux pas imaginer l'impact négatif sur le prix des actions que cela entraînerait. Comme tu ne peux pas imaginer jusqu’où ils seraient prêts à aller pour arrêter la publication de ces chiffres. Il faut que tu réfléchisses bien : une fois engagé sur ce chemin, il n'y a pas de retour possible. Une fois lancé, jusqu’où es-tu prêt à aller ?
    - Jack, l'émotion que je ressens exprime mon total engagement. Je veux aller aussi rapidement possible, aussi loin que possible. Je veux finir ma mission, quoi qu'il en coûte.
    - Pour ma part, je ne peux que me réjouir, qu'en fin de carrière, je puisse faire la lumière sur un cas aussi marquant. Autant dire que je suis avec toi à cent pour cent. Et puis, entre nous, je ne les ai jamais blairés ces messieurs qui nous donnent des notes de vie. Cela devrait incomber à chacun de nous individuellement.
Paul raccrocha, persuadé qu'il avait en la personne de Jack le plus précieux allié. Pour l'instant, il fallait surtout faire preuve d'une discrétion extrême. Il fallait aussi informer les Vince de ces incroyables rebondissements, en leur transmettant les éléments essentiels pour eux, mais ne les exposant pas inutilement. http://www.amazon.fr/AnonymX-Alain-Kolb-ebook/dp/B013WP9D66/ref=asap_bc?ie=UTF8


lundi 18 janvier 2016

AnonymX : Une cyber-intrigue. Par Sandrine Isac

Voici une intrigue qui se déroule dans un futur pas si lointain où tout est connecté. Où votre majordome est un ordinateur central qui s'occupe de tout pour vous.
Un futur où votre mutuelle évalue votre capital santé en fonction de vos habitudes bonnes où mauvaises et vous fait gagner des points ou en perdre.
Un futur un peu flippant mais pas si éloigné de ce qu’il pourrait devenir au final. Entouré par une technologie créée dans le but de faciliter la vie de l’homme mais qui devient trop présente et ne laisse plus beaucoup de liberté.

http://ecriture-addict-et-partage.overblog.com/2016/01/anonymx-une-cyber-intrigue-par-alain-kolb.html?utm_source=_ob_share&utm_medium=_ob_google_plus&utm_campaign=_ob_sharebar

jeudi 17 décembre 2015

L'Ubérisation

Une lectrice m'a posé quelques questions :

- AnonymX est-il un cyber-polar sur l'ubérisation ?

Bien que le mot ne figure pas encore dans les dictionnaires de la langue française le terme est utilisé partout.

Je définirais l'Ubérisation comme la mise en relation, moyennant la confiance, d'un grand nombre de participants, se rendant service mutuellement.

Cette collaboration trouve son origine dans les relations d’entraide entre proches, voisins, membres d'un même groupe. Aujourd'hui ces participants peuvent échanger des services à l'échelle planétaire. Les implications de ces nouvelles formes d’interaction sont énormes.

Au-delà de l'intrigue, AnonymX présente un monde totalement transformé par les objets inter connecté, l'économie collaborative, l'ubérisation. Pour le bonheur et pour le pire.

- Y a-t-il des effets visibles de ces phénomènes ?

Oui. Premièrement l'instantanéité : personne n'a la patience d'attendre plus de trois jours la livraison d'un colis ou l'obtention d'une information. On n'imagine même plus ne pas être en contact constant avec nos proches. Lors des attaques du Bataclan les portables sonnaient à l’unisson dans une salle sans vie.

Ensuite la disponibilité de tout, partout, tout le temps ; la recherche Wikipédia, l’œuvre classique libre de droit, l'achat on-line avec comme corollaire le changement de notre rapport à la mémoire. Troisièmement d'autres types d’interactions sociales. À l'instar du drapeau tricolore sur la photo du profil Facebook lors des attentats du 13 novembre. Plus rapides, plus réactives elles sont partagées par le grand nombre et non soumises à l'injonction politique. L'adhésion se fait par la libre implication de chacun. Avec une plus grande spontanéité.

La façon dont on travaille sera à jamais transformé. Puisque ubérisation vient d'Über, quel chauffeur de taxi consacrerait des années d'apprentissage pour connaître les rues de la ville quand le GPS le met à égalité avec les meilleurs cartographes. La possibilité d’organiser soi-même son emploi du temps, répondant au plus près des besoins des participants les multinationales verront leur influence décroître.

- AnonymX serait-il optimiste ?

Jusqu'à un certain point. Je faisais déjà la remarque que la new-tech comporte deux tendances. D'un côté la gratuité. D'un autre côté la masse de donné créée, le Big Data mettant très mal à l'aise. Les aberrations décrites dans AnonymX nous mettent tous en garde. C'est pour cette raison aussi, que j'ai voulu ce cyber-polar facile à lire, crédible. Comme on dit : le prix de notre liberté est une vigilance de tout instant. AnonymX est vigilant aussi.

vendredi 4 décembre 2015

Trois semaines déjà

   Trois semaines jour pour jour après le 13 novembre, Paris reprend ses habitudes. Enfin, presque. Le café La Bonne Bière a rouvert. Les rues sont nettoyées de la cire fondue. Pourtant les affiches seront conservées par conditionnement spécial. La mémoire persiste.



   Il n'est pas besoin d’être historien pour réaliser que 13 novembre représente un évènement majeur. Mais comment on parlera de lui ? Le 11 septembre, la construction du mur de Berlin, l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand bien que d’ampleurs différentes ont tous impulsé des nouvelles étapes. D'autres événements plus discrets ont pu bouleverser la physionomie de la planète. Je pense surtout aux innovations en continu depuis un demi-siècle en génétique, en nouvelles technologies.



   Déjà les portables permettant de tracer à la seconde, le passeport biométrique et l'enregistrement de tout déplacement sur la planète sont des vieilles réalités. Désormais les algorithmes de prévision utilisant le Big Data peuvent prédire des comportements à risque. La création d'un super-satellite pour la surveillance de la planète, fonds d'Océans inclu, marque l'auto-monitoring de la Terre. Ce degré de précision pouvant même découvrir les épaves des navires coulés au long des siècles il est à parier qu'en on trouvera des utilisations diverses. Pas uniquement dans une perspective écologique.



   AnonymX, écrit milieu 2015, part de ces innovations qui existent pour imaginer l'impact sur la société entière. Malheureusement le 13 novembre est arrivé et cela confirme mes anticipations : la société sécuritaire totale est désormais lancée.



   Avis aux comploteurs pourtant: je ne suis pour rien dans les attentats mais si Anomymous a déclaré la guerre à Daesch et fermé quelque 6000 sites djihadistes, AnonymX ferait de même.



   Lisez AnonymX et observons ensemble les changements parfois imperceptibles, parfois plus marqués, de la société. J'attends vos avis.

jeudi 26 novembre 2015

Pourquoi le terrorisme ne peut pas gagner et pourquoi il faut pourtant agir



    On a souvent soutenu que la lutte contre le terrorisme ne peut être gagnée. La bataille contre l'idéologie islamiste, elle, ne peut assurément pas l'être. Mais je continue de soutenir le contraire : le terrorisme peut être vaincu. Tout en gardant à l'esprit qu'il y a une condition avec laquelle il a des chances de l'emporter. Mais même dans ce cas la terreur est toujours une victoire à la Pyrrhus, une victoire détruisant tout autour.

    Qui souffre en premier des attentats ? Des études sérieuses impulsées par l’école de Chicago arrivent à la même conclusion : les personnes utilisant chaque jour les transports en commun sont les plus susceptibles d'en être affecté. Le 13 novembre la jeunesse, pour une grande part, sortie prendre un verre, écouter de la musique en fut la victime. Il paraît évident, pour prendre cet exemple, que posséder une résidence secondaire à la campagne prémunit contre des attaques perpétrées généralement en grandes agglomérations.

    Historiquement ensuite, aucun mouvement terroriste n'a infléchi de manière profonde le cours des événements. Depuis le Moyen Âge pour le moins. Les anarchistes, les sectes en tous genres ont toujours effrayé pour disparaître dans une condamnation totale par l'opinion publique. Encore une fois, cela n'enlève rien à la désolation que la terreur répand auprès des victimes et proches. Mais la méga-attaque du 11 septembre, elle-même, n'a pas provoqué l'effondrement de la bourse et de l'économie américaine. Et mondiale.


    L'opinion comme quoi il est impossible de vaincre le terrorisme me fait penser aux royaumes nord-africains. Les Barbaresques sillonnaient la mer Méditerrannée à la recherche de navires à saisir. Ils sont allé aussi loin que les côtes irlandaises. En cas de capture la cargaison était pillée et l'équipage était soit vendu comme esclave soit rachetée par les Européens. Ainsi prit naissance une pratique de rançon. Elle fut acceptée par tout le monde. Les commerçants avaient tous intégré le risque de la rançon dans leurs calculs, avant le départ en mer. Les Barbaresques formaient ainsi des véritables régimes assimilés à des kleptocraties jusqu’à la fin du 19ème siècle. Ces pratiques ayant duré plusieurs siècles, étaient considérées comme immuables. Pourtant elles furent arrêtées par l'imposition d'un droit naissant international.

    Il est possible de soutenir que le terrorisme gagne à une seule condition : que les pratiques soient acceptées par les victimes et par les bourreaux. Éventuellement les premiers espérant prendre leur revanche. Pourtant le terrorisme provoque plus de dégâts quand ses vues sont acceptées par une minorité. Ou excusées pernicieusement. Charlie Hebdo avec les « oui, mais ils l'ont cherché... » ont contribué à faire le lit du 13 novembre. Notre aveuglement fut total. Comme fut l'effet surprise de ce deuxième hyperattentat réussi en l'espace de seulement onze mois.


    Il faut rester optimiste et agir. Résilient aussi. Par sa cruauté intrinsèque mais aussi par l'impossibilité où il se trouve de gagner l'opinion publique, le terrorisme ne peut pas gagner. Le fait que le 11 septembre américain ne s'est pas reproduit en est encore une preuve. Mais paradoxalement cela doit nous pousser à plus d'action car il se nourrit de notre inattention. Eh oui, parfois de notre insouciance, dont on reproche tant aux Français. Que les terroristes ne changent rien c'est aussi un leurre : car des deux côtés de l'Atlantique, dans le monde entier, une certaine innocence est perdue. Nécessairement.


    Une chose est certaine : ce que les terroristes voient comme hautement valeureux n'est en réalité que le retour à une animalité que, depuis longtemps, l'être humain refuse. Et cela devrait aussi nous faire espérer que ces vestiges d'un monde ultraviolent, disparaîtront par une coalition planétaire.




lundi 23 novembre 2015

Déclaration d'AnonymX

AnonymX
(extrait)

 

 Ils ne pouvaient plus risquer la mort d'autres innocents. Paul prépara une déclaration sur-le-champ.

« En vertu du statut de notre association d'hackers libres et non violents, liberté et non-violence que nous considérons comme principes de vie inviolables,

En vertu de notre droit de punir et de pardonner virtuellement quiconque viole les principes de vie,

En vertu de la mémoire illimitée et infinie à laquelle nous avons accès, pour des faits particulièrement graves de black hacking ayant comme objectif l'assassinat de plusieurs centaines de personnes connues jusqu'à ce jour, décidons que l'avatar Hakill, de nom réel inconnu, de code ADN inconnu, qui a comme identité internet IP 172 16 254 1 ou 10101100 00010000 11111110 00000001

est banni à jamais de l'espace virtuel à partir de la seconde suivant la publication de cette décision. Nous le faisons animés du désir supérieur de faire cesser immédiatement son activité, pour éviter de nouveaux crimes.

Nous n'oublions jamais, nous sommes légion, nous sommes partout. »





   Paul présenta la lettre à la communauté AnonymX qui la valida à une écrasante majorité. Chaque membre l'envoya sur les réseaux sociaux de son choix et en moins d'une demi-heure, la déclaration avait touché des millions de citoyens. La seconde après la publication, Hakill, dont l'identité réelle restait encore à découvrir, perdit son existence numérique. Il était condamné à mort, pour ainsi dire. AnonymX avait mobilisé quelques centaines de terra octets qui avait vidé l'ordinateur de Hakill de toute ses informations. Ils l'avaient ensuite noyé dans une masse de junk mail qui le rendait inopérant. Pour s'assurer de l'innocuité de Hakill, ils avaient brouillé le décodeur génétique, si bien que... http://www.amazon.fr/gp/product/B013WP9D66/ref=s9_simh_gw_p351_d0_i1?pf_rd_m=A1X6FK5RDHNB96&pf_rd_s=desktop-1&pf_rd_r=08SP3ZEVP4598FQ8FJJ1&pf_rd_t=36701&pf_rd_p=577191267&pf_rd_i=desktop

vendredi 20 novembre 2015

L'esprit du 11 janvier


  
 Par temps de sécheresse, les tribus amérindiennes avaient comme habitude de se rassembler, au signal convenu, au milieu du village. Faisant cercle autour du chaman, ils regardaient avec espoir la danse de la pluie. Ce rituel, que les chefs du village assuraient l'utilité, était obligatoire. Le membre qui aurait lancé la moindre critique était rendu coupable de l'échec du rituel. Un enfant qui avait remarqué qu'une année avant la pluie n'était pas arrivée, fut immédiatement réprimandé par l'ensemble de la tribu. Son grand-père déjà, avait réalisé cela, mais avait renoncé depuis longtemps à faire de telles remarques de peur de ne pas être abandonné dans le désert.



    Le chaman, élu parmi les membres du village, était supposé voyager dans l'au-delà et faire des miracles. Il prévoyait même l'avenir. C'était un très vieux chaman. Il avait fait toute sa carrière politique, comme on dit aujourd'hui, sur ces thèmes. Il avait bien sûr remarqué que cela marchait rarement. Mais quelques fois des voyageurs venus de loin lui apportaient la nouvelle d'une humidité ailleurs. Il convoquait immédiatement l'assemblée pour le rite. Le reste du temps, il trouvait facilement un bouc émissaire : soit le rite avait été perverti par un mauvais geste, soit par un mauvais regard, soit, et cela marchait à tous les coups, par la mauvaise pensée d'un membre.



    "Alors, se demandait l'enfant, si la pluie ne vient pas, ses méthodes ne marchent pas". Il avait entendu ce mot « méthode » chez un cow-boy ayant séjourné parmi eux. Il lui avait soufflé qu'il aimait beaucoup la danse de la pluie de point de vue musical, mais qu'il existait une science pour prévoir la météo. Une autre pour trouver de l'eau. Son père avait discuté longtemps avec le cow-boy. Si vous ne faites rien une sécheresse encore plus terrible vous frappera plus fortement, avait-il prédit.



    Le père avait demandé un entretien avec les vieux du village. Après l'avoir écouté avec une certaine appréhension, ils demandèrent de consulter le chaman. Celui-ci écouta attentivement tout le monde. Il ne comprenait pas où il en voulait venir. De toute manière, les villageois ont besoin des mots de réconfort. Souvent, les esprits me donnent les paroles qu'il faut pour apaiser. Le premier chef qui, lui, comprenait que sa place était en jeu approuva. La météorologie n'est pas pour nous. Et pour l'instant, il faut calmer la tribu. Ils écartèrent rapidement l'intrus et ils convoquèrent un nouveau rituel en urgence. Le père avec sa famille fut écarté de la cérémonie, car ils pouvaient tout corrompre. Le père et toute sa famille avaient compris. Ils plièrent bagage et s’exilèrent loin, près d'une rivière.



    De temps en temps des voyageurs de passage leur rapportaient la présence des ruines d'un village plein d'ossements.



jeudi 29 octobre 2015

Courte histoire de l'argent - le bitcoin.

                              AnonymX
                                    ( extrait ) 
- Pouvez-vous effectuer le règlement en bitcoins ?...
- De toutes les époques, la monnaie fut constituée de diverses manières : les coquillages rares à l'intérieur des terres, les pierres rares dans le Pacifique et bien sûr, les métaux. Un exemple frappant était l’île de Yap, où l'on taillait des gros ronds de pierre, parfois de plusieurs centaines de kilos. On les transportait ensuite en pirogues sur des distances énormes, jusqu'à quatre cent cinquante kilomètres. La grosseur de la pièce signifiait ensuite la richesse, liée au rang du possesseur.
- Difficile pour régler une addition. Une telle monnaie conviendrait parfois à ma femme. Ça éviterait les dépenses inutiles.
- C'est pour cela aussi que le métal s'imposa, résistant, et facile à transporter. À l'origine, la valeur de la monnaie se confondait avec la valeur effective du métal : il fallait un métal rare pour justifier cette valeur. On trouve des pièces en cuivre, en fer et bien sûr en or et argent. Ainsi, le poids de la pièce en or correspondait à la valeur inscrite. Aisé à stocker, des pénuries de monnaie pouvaient apparaître même dans les royaumes les mieux pourvus. Tout cela à cause de la thésaurisation.
- Mais il existait aussi des excès d'or provenant des Amériques, provoquant l'inflation des prix.
- Exact, c'était la circulation monétaire qui était déficiente. Ainsi très tôt, on se rendit compte que si l'on indiquait le même chiffre sur une pièce plus légère, on pouvait tromper aisément la foule. Des rois allèrent jusqu'à limer la circonférence de toutes les pièces du royaume afin d'en faire des nouvelles. Mais l'invention majeure fut l'apparition du papier-monnaie, qui permettra de dissocier la valeur facile de la valeur réelle du billet. Au vingtième siècle encore, on pouvait exiger pour chaque billet de banque son équivalent en or.
- Personne n'en faisait la demande.
- Ou bien très peu. Heureusement, car si beaucoup de monde le faisait, ils se seraient rendu compte que l'or n’était pas suffisant pour couvrir le nombre de billets en circulation. Le système entier reposait sur la confiance, qui rendait inutile cette requête. Ainsi chacun détenait une monnaie dont la valeur réelle était inconnue de tous, pour ainsi dire. La tentation à imprimer des billets par les banques centrales n'en était que plus grande, ce qui se fit à plusieurs reprises, avec le même résultat : des inflations à répétition, certaines galopantes, allant jusqu’à un million de chiffres. La cotation en continu de la monnaie d'aujourd'hui, bien que diminuant le risque d'une telle manipulation, ne l'élimine pas tout à fait.
- Il n'y a pas d’équivalent à l'or mais alors l'étalon, ce serait l’activité économique exprimée dans le taux d’intérêt, n’est-ce pas ?
- Les banques ont souvent manipulé ce taux d’intérêt pour freiner ou augmenter la quantité monétaire. C'est pour pallier à cela que le bitcoin fut conçu vers la fin du vingtième siècle. Comme argent indépendant du pouvoir central. Comme le nom l'indique, c'est une monnaie créée en bits informatiques. La quantité en circulation ne peut être modifiée par aucune autorité gouvernementale. Son émission est réglée par un algorithme immuable. De plus, il y a une limite supérieure qui ne peut être dépassée, quoi qu'il arrive. Tout ce qui change est le rythme de la création monétaire, l’œuvre des mineurs virtuels, et bien sûr sa valeur en monnaies nationales. Les mineurs, ce sont des personnes physiques qui cherchent des bitcoins informatiques. Ces mineurs sont très actifs quand la valeur du bitcoin est haute, générant une grande quantité de monnaie en circulation, et faisant ainsi baisser sa valeur. Quand la valeur baisse, ils cherchent moins de bitcoins, ce qui provoque une hausse. Encore une fois : la quantité certaine maximum, quelques milliards en tout, ne sera jamais dépassé.
- Ce qui élimine l'inflation.
- Parfaitement. Pourquoi les hackers préfèrent le bitcoin ? Parce qu'ils savent qu'un algorithme est incorruptible, il ne tombe pas amoureux et il répond toujours de la même manière à quiconque, peu importe son grade.
Ils continuèrent ainsi pendant une demi-heure, quand Paul fut interrompu par un important message d'AnonymX.